30 avril 2008
This is The ENd...

Photo : Ch. Wray Mccann
Chers lecteurs qui me suivez dans mon délire amoureux depuis de longs mois déjà, je suis venue vous dire que je m'en vais...Point de tristesse, ni de regret, ma vie a pris un autre cours..et c'est moi qui lui ais donné. Ici n'a plus lieu d'exister, puisque mes sentiments s'en sont allés. Usés sans doute par trop de difficultés, érodés par un manque de retour et de résonances. Mon coeur a cessé de battre pour LUI.Ce qui m'attends je l'ai choisi et je vais l'assumer pleinement...un nouveau souffle m'emplit, je ne suis pas de celles qui se laissent abattre. La vie est en moi pleine et exigeante...je saurai la satisfaire...seule ou à deux un jour peut-être à nouveau. Pour le moment de nombreux challenges personnels m'attendent, les défis j'aime ça. Mon engagement est toujours total. Me retrouver en tant que femme seule, continuer à garder devant moi l'horizon dégagé afin de ramener la paix dans mon foyer, car les problèmes sont toujours là en ce qui concerne mes enfants. J'ai déjà bien dégagé le nouveau chemin que nous allons emprunter , j'ai trouvé des solutions et je me suis entourée de personnes fiables et engagées aussi comme je le conçois. Dégagée du poids d'un amour lourd, délestée d'une charge qui ne m'appartenait pas...je lui laisse le soin de trouver son chemin sans moi et la liberté de se retrouver dégagé du quotidien pesant et difficile qu'il avait beaucoup trop de mal à assumer. Bizarrement je me sens plus forte...je me retrouve peu à peu, un peu moins lourde de mes sentiments pour lui, plus sereine pour nombres des défis que je pensais relever à deux. Cette solitude au quotidien ne me fait pas peur..parfois seulement le blues d'un amour pour lequel je m'étais tant investi, donnée, offerte..illusionnée dans la sublimation que je créais...je pensais que mes élans, le statut que je lui donnais dans mes intimes sentiments et mes rêves passionnés, lui donnerait la force et l'envie de me rejoindre, qu' ainsi nous serions invincibles....mais il n'en fut pas ainsi pour des raisons diverses et complexes sur lesquelles je ne m'attarderais pas..certains rêves ne se réalisent pas.Je lui souhaite de retrouver l'homme qu'il pense être, avoir été...mais j'ignore si j'en tomberai à nouveau amoureuse.
Pour moi avancer coûte que coûte sur ce nouveau chemin, conduire mes enfants vers l'équilibre de leurs future vie d'adulte, gérer le quotidien comme je l'ai toujours fait courageusement et avec plaisir... et guérir ce douloureux sentiment de ne pas avoir été vue vraiment.
Je vos embrasse tous très chaleureusement, tendrement et sincèrement. Peut-être à bientôt....ailleurs.
14 avril 2008
361★-LunDI.

P.A.U.S.E
"M'en veuillez-pas je m'absente un peu en moi. Je passe en mode privé un moment.Besoin de solitude pour réfléchir. Ne surtout pas, m'éparpiller. Je vous embrasse tous, plein de bisous et de sourires...promis je reviens!" ★
13 avril 2008
360★-DiMAnChe....

Dimanche,lectures...entre Platon et
Epicure, Alexandre Jardin,Vogue et elle, entre réel et virtuel,
Norah Jones et sa voix amoureuse, il fait soleil aujourd'hui! ★
Aux sources du transfert
Par
Michelle Larivey, psychologue
C'est dans nos relations les plus importantes, avec les personnes
souvent les plus précieuses pour nous que nous développons une manière
d'être qui produit des noeuds. Ces noeuds durcissent parfois au point
de devenir incontournables. Le fait de ne pas les dénouer nous amène à
des échecs ou à un forme d'adaptation où notre vitalité est laissée
pour compte.Comment se forment ces noeuds ? Pourquoi existent-ils ?
Quel est le rôle qu'ils peuvent jouer dans notre vie et notre
développement psychique ?
A. Introduction: les deux racines des noeuds
Pour bien comprendre ce texte il est préférable d'avoir lu "Les noeuds
dans nos relations" . Dans ce
texte, j'ai présenté ce que j'appelle "les noeuds" que nous rencontrons
constamment dans nos relations les plus importantes. Ces noeuds se
manifestent sous la forme d'insatisfactions chroniques devant lesquelles
on a une impression d'impuissance. Nous butons régulièrement sur ces
difficultés. C'est pourquoi je leur ai donné le nom de "noeuds".
Ces noeuds qui nous étouffent et nous empêchent d'avancer autant qu'on le
voudrait, prennent racine dans deux genres d'expériences. Aussi étonnant
que cela puisse paraître, ils proviennent de nos tentatives de relever des
défis de croissance personnelle. Ils proviennent aussi des expériences
émotives du passé que nous avons négligé de vivre complètement.
L'objectif de cet article est de vous faire comprendre pourquoi il en est
ainsi. Il s'agit de phénomènes naturels simples, au fond, mais il faut les
comprendre pour arriver à démêler ce que l'on vit. Je fournirai donc
quelques pistes qui permettront aux intéressés, de faire une
auto-évaluation de leurs comportements qui engendrent des noeuds dans
leurs relations. Commençons par quelques notions préalables qui
contribueront à augmenter notre perspicacité.
B. Le besoin de se développer
1- Devenir soi-même: la conquête d'une vie
Durant toute notre vie, nous cherchons à nous développer. À travers son
échelle de besoins, le psychologue Abraham Maslow a bien décrit cette
réalité psychologique. Cette démarche consiste essentiellement à devenir
soi-même. Cela veut dire, devenir de plus en plus capable de respecter ses
besoins et ses valeurs et cela, devant qui que ce soit. Une fois cette
liberté atteinte, nous nous consacrons à la raffiner.
Le besoin de se réaliser s'incarne à travers différentes préoccupations.
L'exemple de Jérôme illustre bien la présence d'une préoccupation
constante qui se manifeste partout dans sa vie. Les préoccupations se
modifient à mesure qu'on avance. En d'autres termes, une fois la question
réglée, une autre préoccupation émerge qui nous permettra de faire un
autre pas.
Si nos préoccupations demeurent inchangées, sur une longue période de
temps, ce n'est pas parce qu'on est borné ou encore anormal, comme
plusieurs le pensent, c'est plutôt que nous ne sommes pas encore parvenus
à relever le défi de cette conquête. C'est essentiellement parce que nous
nous y prenons mal pour y parvenir.
Ces préoccupations de développement surgissent de l'intérieur. Elle n'ont
rien à voir avec les exigences de changement qu'on s'impose ou que notre
entourage cherche à nous imposer. Elles prennent la forme de diverses
questions. Voici quelques exemples fréquents.
"Je pense que je ne suis intéressante pour personne. Je m'isole et m'organise mais je souffre énormément de solitude."
"Ma relation de couple n'est pas satisfaisante. J'ai peur de tout faire
éclater si j'en parle. Alors j'endure, mais je ne sais pas combien de
temps je pourrai le faire."
"La critique me tue. J'aime mieux éviter de m'exposer que risquer d'être
jugé. J'en souffre, car je n'ai jamais de reconnaissance."
Certains de ces problèmes illustrent la difficulté d'être soi-même et de tenir compte de ses désirs et aspirations. Les autres démontrent la difficulté de respecter ce qui nous importe, devant ou avec d'autres. Ces deux difficultés représentent l'essentiel du défi du développement de soi. Ce développement est l'affaire d'une vie, mais c'est tous les jours que nous y sommes confrontés. C'est à travers la plupart de nos occupations que nous parcourons ce chemin et principalement au contact des personnes qui sont significatives à nos yeux. Nous commençons cette construction de notre personne dès notre apparition au monde. Nous la continuerons notre vie durant.
2- Nos premiers pas: avec nos parents
C'est avec nos parents, ou ceux qui les ont remplacés, que nous faisons
nos balbutiements dans ce sens et que nous acquérons nos premiers outils
de développement personnel. Nous progressons en nous adaptant aux
conditions fournies par notre milieu ainsi qu'au style particulier des
personnes qui sont importantes pour nous à ce moment-là. Ainsi, la
capacité d'être soi-même et de se respecter au contact des autres, est
tributaire de plusieurs facteurs. Il serait inutile de tenter de les
énumérer tous. Il suffit de comprendre que lorsque nous arrivons à l'âge
adulte nous avons un certain chemin de fait dans la direction de devenir
nous-mêmes mais il nous reste encore beaucoup à faire.
Nous arrivons à l'âge adulte en ayant atteint un certain niveau de
développement. Nous avons également une certaine conception de ce que
c'est qu'être une personne adulte et cette conception nous sert de guide.
Nous possédons aussi un bagage d'outils: capacité de contact avec soi, de
ressentir nos émotions, de les exprimer. Comme nous avons appris "par
oreille", à l'occasion de relations avec des personnes qui avaient leurs
propres difficultés de développement, il est normal que notre équipement
soit incomplet. À cause de cela, il n'est pas étonnant que nos tentatives
de développement soient souvent erratiques. Il n'est pas surprenant non
plus que l'on doive vivre le même scénario à répétition avant d'arriver à
comprendre ce qui se passe et à trouver des solutions satisfaisantes.
C. Les expériences incomplètes
1- Ressenti ou expression
Il s'agit essentiellement d'un vécu affectif qui n'a pas été "digéré" ou
assimilé, qui demeure comme "en suspens" dans notre mémoire psychique. Ce
vécu est incomplet en ce sens que les émotions n'ont pas été ressenties ou
exprimées complètement. Bien entendu lorsque les émotions ne sont pas
entièrement ressenties il est impossible de les exprimer ou encore de
poser une action qui en tienne compte totalement. Le fait de faire avorter
ainsi ces expériences est une sorte d'accroc à notre équilibre émotionnel.
C'est pour cela que l'organisme ne peut le tolérer. Cette notion est loin
d'être évidente. Elle mérite des explications. Mais commençons par une
analogie, celle de la digestion.
La digestion est un processus en plusieurs étapes. Les étapes sont
constantes et le but est toujours le même: l'assimilation de l'aliment.
Cette assimilation a pour but de nourrir l'organisme, pour son maintien ou
pour sa croissance.
Les expériences affectives ont une fonction identique. Elles nous
nourrissent psychiquement et contribuent à nous construire. Comme la
digestion, l'assimilation psychique se fait à l'intérieur d'un processus
dont chacune des étapes est indispensable. Une première étape cruciale
dans ce processus est celle qui consiste à ressentir les émotions. Si
cette étape est vécue complètement, elle entraîne automatiquement d'autres
étapes. C'est le fait de passer à travers toutes ces étapes qui nous
permet de bien tenir compte de la manière dont nous avons été atteints.
C'est ensuite, par nos gestes et nos paroles, que nous arriverons à nous
respecter. Voici d'abord un exemple d'expression contenue.
Il m'est arrivé souvent d'être ridiculisé lorsque j'étais jeune.
J'étais gros, j'en avais honte et je fondais littéralement lorsque ceux
qui se disaient mes copains se moquaient de moi. J'avais beaucoup de
peine. J'étais humilié et parfois, quand ça durait trop longtemps, je
devenais enragé. Je ne leur montrais aucun de mes sentiments. Je
baissais la tête et j'attendais que cela finisse. Aujourd'hui, quand j'y
pense, je leur en veux encore. Dès que je perçois de la moquerie dans
les propos de quelqu'un, la moutarde me monte au nez. Mais encore, je
n'ose rien dire."
Il n'y a pas que les expériences incomplètes du passé qui s'inscrivent en
nous. Il nous arrive encore de le faire dans le présent. Certaines
situations sont tellement intenses qu'il est difficile de se laisser les
vivre entièrement du premier coup. La terreur dans le cas d'une agression,
par exemple, est difficile à tolérer. Il faut parfois s'en couper pour
être capable de faire ce qu'il faut dans la situation: se défendre, se
sauver, etc... Dans certains contextes retenir nos réactions est une
question de sécurité. Ce peut-être le cas si quelqu'un nous menace avec
une arme.
Toute émotion repoussée resurgira éventuellement. Pourquoi en est-il
ainsi?
2- La recherche d'harmonie
Tout être vivant recherche l'harmonie. C'est parce que le vécu en suspens
constitue un accroc à son équilibre que l'organisme ne peut le tolérer. Il
le garde donc en mémoire et le fait resurgir à la première occasion
similaire.
Comment reconnaître une émotion qui surgit du passé? Typiquement,
l'émotion ou la réaction signalant une expérience non finie est plus
intense que la situation actuelle ne l'exigerait. Quand on se dit qu'on
réagit trop fort, quand on trouve notre réaction étrange, quand notre
interlocuteur est très surpris, il y a des chances qu'une partie de notre
réaction s'adresse à une situation antérieure.
"Chaque critique me ravage comme le faisaient celles de mon père. Je me
rappelle encore avec une certaine douleur que même lorsque je tentais de
me dépasser je n'échappais pas à la dureté de son perfectionnisme. Comme
dans le passé, je ne laisse rien paraître de ma réaction."
Dans ces exemples, les personnes sont aux prises avec des expériences de
leur passé qu'elles n'ont pas assimilées. Elles se sont empêchées de
ressentir complètement combien elles étaient atteintes ou elles ne se sont
exprimées que partiellement. L'apparition de la réaction liée au passé est
une précieuse occasion d'intégrer enfin cette expérience. À chaque fois,
cela permet d'augmenter notre équilibre.
Nous avons maintenant une idée plus précise de ce qu'on appelle
expériences incomplètes. Voyons comment elles contribuent à former des
noeuds dans nos relations actuelles.
D. Comment se forment les noeuds?
Souvent nous souffrons de nos sentiments pour les autres. Nous voudrions
vivre autre chose ou être autrement. Souvent nous ne sommes pas libres
d'être nous- mêmes. Souvent nous avons des réactions qui nous semblent
trop fortes ou infantiles. C'est à tâtons que nous passons à travers ces
expériences émotives en cherchant à "être normal". C'est justement en se
forçant à "vivre ce qui n'est pas" et à "réagir autrement qu'on réagit"
qu'on tisse nos noeuds ou les renforce.
1- Les noeuds: des expériences incomplètes
Les expériences incomplètes doivent être complétées. Il faut profiter de
toutes les situations où elles surgissent pour le faire. Mais ce n'est pas
ce que l'on fait généralement. Comme on ne comprend pas la pertinence de
leur apparition, on cherche à s'en débarrasser. Ce faisant, on répète
sensiblement le même scénario que les fois précédentes.
a) Repousser de nouveau son sentiment
"J'ai vécu beaucoup de séparations, tout au long de mon enfance. J'ai du quitter ma grand-mère qui était comme une deuxième mère pour moi. À plusieurs reprises, j'ai été séparée de mes amis parce que le travail de mon père l'appelait à des mutations. Ma meilleure amie d'enfance est morte de la leucémie alors qu'elle avait six ans. Ce ne sont là que quelques exemples des multiples déchirements que j'ai vécus. Je me souviens d'avoir pleuré, d'en avoir souffert. Depuis des années, toutefois, je pleure en visionnant un film où des gens qui s'aiment doivent se séparer, où des animaux qui sont liés doivent être éloignés les uns des autres."
Suis-je détraquée, anormale? Non, tout ça est parfaitement normal. Mes
pleurs sont un réflexe pour ajuster ma vie émotive. Je pleure maintenant
ce que je n'ai pas pleuré complètement autrefois. Il en sera ainsi tant
que je n'aurai pas versé toutes les larmes que j'ai retenues dans mes
multiples séparations.
Par ignorance, par gêne, on cherche à faire cesser ces émotions
inattendues. Au mieux, on cherche à contrôler leur débit pour les vivre
"au compte-gouttes" plutôt que d'ouvrir le "barrage". Le résultat c'est
qu'il nous faut beaucoup plus de temps pour en venir à bout.
b) Inhiber de nouveau son expression
Pour d'autres expériences incomplètes, c'est l'expression qui a été
inhibée. On pourrait dire que nous sommes "restés pris avec" car aucun
geste ou aucune parole ne nous a permis d'aller au bout.
"J'ai subi les nombreux sarcasmes et mauvais traitements de la part de ma soeur aînée sans faire autre chose que de me replier sur moi-même avec ma peine et ma rage. Lorsqu'elle ou d'autres me font des choses semblables aujourd'hui, j'ai tellement de peine et de rage que je n'ose pas réagir. Tout au plus je laisse paraître que je ne suis pas contente."
Pour compléter le vécu du passé et pour ne pas continuer d'accumuler les
expériences incomplètes, je devrais réagir aux situations actuelles en
respectant intégralement l'intensité de mes sentiments. Cette ouverture me
permettrait d'identifier "à qui d'autres" s'adresse cette réaction qui
m'étonne. Mais ce que nous faisons le plus souvent c'est de réagir en
étant conscients de l'exagération de notre réaction, mais sans savoir quoi
faire d'autre. Certains le font même beaucoup: ils "ventilent"
régulièrement leurs réactions sur leur entourage. Réagir sans plus de
conscience ne leur permet toutefois pas de dénouer les expériences
passées.
2- Les noeuds: des tentatives de développement
Nous sommes continuellement occupés à conquérir la capacité d'être
nous-mêmes et de nous respecter dans nos relations avec les autres. Cette
démarche de développement, toutefois, ne se fait pas en ligne droite ni
sans heurt. Elle se fait, au contraire, à travers beaucoup d'obstacles.
Les échecs de notre enfance proviennent à la fois de nos capacités
déficientes à composer avec notre vie émotive et des réponses de ceux qui
nous entouraient. Ces deux types d'obstacles nous ont conduits à des
noeuds relationnels. Si nous continuons de relever nos défis de croissance
de la même manière que nous le faisions avec eux, nous rencontrerons les
mêmes noeuds. Mais la force de développement des êtres vivants est vive.
Les moyens que nous prenons pour réussir ce que nous n'avons pas réussi
dans le passé sont parfois étonnants.
a) Répéter la situation
(1) Rechercher des situations similaires
Sans en être vraiment conscients, nous cherchons à nous trouver dans des
situations qui vont nous permettre de réussir ce que nous n'avons pas
réussi antérieurement.
Jérôme qui a tant besoin d'exister pour quelqu'un afin de confirmer sa
valeur, choisit, comme épouse, une femme qui ne semble pas très douée
pour lui donner ce qu'il cherche. Elle est très indépendante et valorise
l'indépendance. Elle est peu expressive et peu sensible aux besoins de
Jérôme. En ce sens, elle ressemble beaucoup à la mère de ce dernier: une
femme affairée qui s'impatientait devant le moindre besoin d'attention
de son fils.
(2) Sauter sur l'occasion
Les besoins de croissance sont si impérieux que l'on dirait qu'on est doté
d'un sonar qui détecte ce qui est susceptible de nous toucher dans des
situations qui apparemment ne le devraient pas. C'est ainsi qu'on
s'attache à des détails, à des choses secondaires. À cause de cela, les
personnes impliquées sont souvent très surprises de notre réaction.
Mon ami me fait un compliment. Je suis insultée. Je suis choquée par
son ton qui me semble moqueur. J'y vois donc une critique plus qu'un
compliment. Il est abasourdi."
"Le groupe d'étudiants auquel j'enseigne est très intéressant et
stimulant. L'un d'entre eux, toutefois, me cause beaucoup de soucis car
il n'a jamais l'air intéressé. Quoi que je fasse, il me regarde d'un air
hautain et critique. Il m'empoisonne la vie. C'est au point que c'est
toujours avec beaucoup d'angoisse que j'entre dans cette classe."
(3) Transformer les relations
À la longue, par notre façon de réagir on réussit à changer le climat de
la relation. Ce faisant, on provoque l'autre à réagir comme on a besoin
qu'il réagisse pour nous retrouver dans la situation initiale qu'on a
besoin de résoudre.
"La femme que j'ai épousée était douce et aimante. Après quelques années
elle est devenue acariâtre. Que s'est-il passé? Il me semble que je me
retrouve à vivre avec ma marâtre de belle-mère. En fait, bien que son
affection m'ait attiré, j'étais incapable de la recevoir. J'ai été avec
elle aussi fermé qu'avec la femme de mon père qui me détestait. Mon
épouse a beaucoup tenté de me faire parler, m'ouvrir. À la longue elle
s'est découragée de réussir. Petit à petit elle a pris ma fermeture
comme un manque d'amour à son égard. Elle est frustrée. Elle m'attaque
de plus en plus vigoureusement. Je me renferme de plus en plus. J'ai
l'impression de revivre le passé. J'ai l'impression que notre couple est
détruit."
Pour un oeil aiguisé, il est évident qu'à travers ces péripéties nous
recherchons à créer des situations qui sont susceptibles de nous permettre
d'évoluer. Nous cherchons à nous placer dans la situation qui nous
permettra de relever le défi de croissance que nous n'avons pas réussi à
relever encore. Dans chacune de ces situations nous évoluons au moins un
peu. Nos progrès reposent sur la manière dont nous utilisons ces
situations.
b) Répéter les mêmes comportements
Nous faisons des efforts pour nous trouver dans une situation suffisamment
semblable à celle qui nous permettrait de relever des défis de
développement. Malheureusement ces efforts sont en quelque sorte annulés
par le fait que même si nous réussissons à recréer cette situation, nous
nous conduisons d'une manière identique à ce que nous avons toujours fait.
(1) Jérôme (2) Jasmine (3) Olivier
Jérôme se préoccupe de sa place dans plusieurs de ses relations. Il se
contente de constater son manque et de profiter des situations où son
besoin était comblé. Jérôme s'accommode de ces situations, comme il l'a
toujours fait, même petit. Il s'organise, par ailleurs, pour avoir une vie
intéressante. Son leitmotiv: ne pas compter sur les autres et sur leur
affection.
Comme elle l'a fait jadis avec sa mère et continue de le faire, Jasmine
passe sa vie à faire des pieds et des mains pour éviter les critiques, la
désapprobation et le rejet. Pour elle, l'approbation des autres est le
signe qu'elle est "correcte". Elle désire tant cette approbation qu'elle
réagit souvent à ce sujet avec des personnes qui ont peu d'importance dans
sa vie. La postière qui hausse le ton en lui laissant entendre qu'elle
devrait connaître le prix d'un timbre, la met dans tous ses états. Sa
réaction: s'expliquer longuement pour prouver qu'elle n'est pas "si bête
qu'on pense." Comme elle fait toujours avec sa mère, elle se justifie.
Olivier vit avec sa fiancée et son associé des sentiments semblables à
ceux qu'il vit depuis toujours avec sa mère. Une certaine peur d'être
critiqué et le sentiment omniprésent de ne pas être à la hauteur. Il agit
avec ces personnes comme il a toujours agi avec sa mère. Il subit leur
attitude autoritaire en rageant intérieurement et en se dévalorisant
d'agir ainsi. Olivier a presque toujours l'impression de vivre dans un
étau. Il a quitté plusieurs femmes avec lesquelles la relation avait bien
commencé parce, qu'à la longue, il étouffait. Il s'aperçoit qu'il est
attiré par les femmes qui sont capables de s'affirmer mais constate qu'il
est incapable de s'affirmer devant elles. Il s'efforce toujours d'être à
la hauteur sans jamais y parvenir. Il tente donc plutôt de passer
inaperçu, s'effaçant, faisant passer ses besoins après ceux de l'autre.
Ces trois personnes se plaignent de ne pas avancer bien qu'elles fassent
de constants efforts. Pourquoi n'avancent-elles pas? Pourquoi
n'arrivent-elles pas à se vivre pleinement et à se sentir bien avec les
personnes importantes de leur vie? Voici quelques autres raisons qui
contribuent au maintien du "statu quo."
c) Attendre que l'autre change
Jérôme, Jasmine et Olivier continuent d'agir de la même façon comme s'ils
s'attendaient à ce qu'un déclic se produise et qu'un changement survienne.
Ce changement, ils attendent qu'il se produise chez les autres.
Jérôme pourrait dire: "si un jour ils pouvaient se rendre compte de ma
valeur et la reconnaître, je serais enfin comblé".
Si Jasmine livrait ses pensées intimes, elle dirait probablement: "si un
jour ma mère m'acceptait enfin telle que je suis, si les gens cessaient
d'être critiques à mon égard, je pense que je pourrais vivre détendue et
enfin heureuse".
Quant à Olivier, on l'imagine souhaiter "que toutes les personnes devant
lesquelles il est si difficile pour moi de m'affirmer deviennent plus
douces et acceptantes. Je pourrais alors enfin avoir droit à l'erreur".
Souvent convaincus que la solution réside dans un changement chez les
autres, on attend cette transformation. Non seulement on l'attend, mais on
essaie de la provoquer. Obnubilé par l'effet que l'autre nous fait, on a
peu de disponibilité pour l'introspection qui pourtant pourrait nous
révéler d'autres solutions.
d) Demeurer inconscient de ses besoins
La concentration sur l'autre nous permet d'éviter de jeter un regard
lucide sur ce que nous vivons dans ces noeuds. La plupart du temps nous
sommes peu conscients des besoins qui sont à l'origine de nos efforts.
Toute notre énergie est concentrée à obtenir que l'autre agisse d'une
façon qui nous convienne. Si nous devenons inventifs quant aux moyens
d'être satisfaits, c'est pour imaginer toutes les façons dont l'autre
pourrait enfin régler notre problème. C'est ainsi que nous passons parfois
nos "commandes" à nos proches qui refusent ou s'empressent d'obtempérer.
Qu'ils acceptent ou refusent ne contribuera pas à défaire le noeud. La
situation sera peut- être moins tendue, mais elle engendrera souvent
d'autres difficultés relationnelles.
Occulter nos besoins et focaliser sur le comportement de l'autre présente
un avantage: on est moins forcé de s'impliquer. Mais au total, les
désavantages sont beaucoup plus nombreux.
e) Cacher sa dépendance
On préfère ne pas être en contact avec nos besoins car ils témoignent de
notre dépendance. Il est souvent difficile d'admettre qu'un autre a une
immense importance pour nous cela, même quand il s'agit d'un conjoint ou
d'un parent. Lui avouer c'est se rendre vulnérable. L'idée de dépendance
fait peur. Beaucoup d'auteurs et de pseudo- psy nous encouragent
d'ailleurs à cultiver cette crainte. C'est donc souvent en se basant sur
leur rationnel boiteux qu'on cherche à dissimuler notre dépendance.
Pour dissimuler l'importance de l'autre et de notre besoin nous devons
prendre des distances ou faire des "joutes inter personnelles" qui nous
permettent de nous cacher. Parfois nous choisissons de nous durcir. Ce
faisant, nous n'exprimons souvent qu'une partie de notre vécu, celui sur
lequel nous nous sentons en contrôle. L'expression incomplète de tout vécu
important, nous l'avons vu, conduit à des noeuds ou les perpétue. Se
cacher à soi-même et cacher à l'autre ce que nous vivons d'important à son
égard est un des moyens les plus efficaces de tisser des noeuds dans
lesquels enchevêtrer nos relations.
E. Conclusion
Tant que la raison d'être des noeuds nous échappe, on les considère comme
des encombrements dont il faut se débarrasser en évitant les sujets
"brûlants" ou en se séparant des personnes avec lesquelles on les vit. Une
fois qu'on comprend leur raison d'être, ils peuvent devenir des occasions
recherchées pour relever un défi de croissance. Pour réussir ces défis
toutefois il est important d'identifier ses façons de contribuer aux
noeuds. C'est d'autant plus important que chacun des partenaires a ses
propres noeuds dans la relation. Il nous reste ensuite à nous outiller
psychologiquement pour les dénouer et retrouver la vitalité qui y est
emprisonnée.
N.B. :
Je ne serais pas vexée si beaucoup d'entre vous quitte ce lieu qui devient une véritable
prise de tête!
Bon dimanche!
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11 avril 2008
359★-TRancHEr le NOeud GORDien...

"La plupart des hommes ont un moment dans leur vie où ils peuvent faire de grandes choses,
c'est celui où rien ne leur semble impossible."
Stendhal Extrait de De l'amour.
J'invite mon homme sur le fil de mes pensées. Doucement, en équilibre, le coeur qui bat et qui fait mal. Je lui dis les mots douloureux qui s'étranglent dans ma gorge. Le manque qui m'étouffe. Je lui parle de nous. Je lui dis mon amour qui devient différent. Les larmes et la peur de lui faire du mal. Dis-moi, dis-nous! Mais qu'est-ce que tu ressens, à quoi tu penses, quelles solutions tu envisages? Mais il ne sait pas. Il ne me dis rien, il n'y arrive pas, il n'y a rien qui vient. Il ne sait pas pourquoi...Il a mal je le sais, il se sent perdu..."peut-être que moi je suis déjà éteint depuis longtemps" finit-il par me lâcher en m'embrassant sur le front.
La tempête s'apaise. Les choses reprendront leur place.Un gros ciel blanc et enflé devant mes yeux, une lumière qui s'y dissimule.Je suis sur mon chemin.
Je me raisonne, je me contiens, je m'enveloppe de promesses. Promis j'arrête de te perdre dans mes méandres incompréhensibles, d'être cette équation indéchiffrable..et exigeante, cette tornade qui te pousse aux limites.
Parce que c'est ainsi. Parce que je suis ainsi.Je ne sais pas m'aimer vaincue...alors je me résous à t'aimer autrement.
Encore parce que c'est comme ça que je ne sais faire autrement...que peut-être j'échouerai mais que c'est pas maintenant.
Je suis là et je n'ai pas abandonné. Les souvenirs et leurs empreintes à jamais.
J'ai ma réponse. J'en connais bien le prix.
J'ai trouvé un sens à ma fidélité. Sans doute t'ai-je mal donné tout cela pour que tu me perçoives si loin. Ce qui me manque est ailleurs...mais tu n'y peux rien. C'est un manque insolent, un caprice, une broutille...tu sais bien.Je ferai quelque chose de beau avec ce que tu n'as pas. Je suis aussi celle que tu as connue. Je le suis encore. Laisse moi juste du temps pour refaire le puzzle. Il y a comme toujours des morceaux de moi partout, parce que je suis inconstante et volage et bien trop dissipée. J'ai encore des étoiles. Tu vas revenir aussi. Tout va bien.


★merci....
10 avril 2008
358★- ApprenDRe et NE Rien SAvoiR.......

photo : de moi!
Il y a bien des façons de définir nos relations amoureuses et chacun de
nous a la sienne. Mais il est difficile d'en trouver une qui ne fasse
pas partie d'un mythe amoureux. La plupart du temps, en effet, c'est à
partir des défis que nous voulons éliminer de notre existence que nous
créons ces définitions.....
.....
.....Il y a aussi le fait que cet engagement répond à des
insécurités inavouées. En s’engageant pleinement dans une relation
qu’on espère durable, on se sent nécessairement très vulnérable et on
craint de devenir dépendant de l’autre. Une rupture possible devient
alors une menace grave qu’on souhaite contourner ou contrôler autant
que possible. Le développement d’une relation aussi importante dans
laquelle on s’engage totalement constitue une aventure dont on est
incapable de prévoir les issues. Les promesses de fidélité éternelle
tentent de prendre le contrôle sur l’avenir et de nous protéger contre
l’échec toujours possible. Bien sûr, elles apportent un certain
réconfort (illusoire) mais elles n’apportent aucune solution à
l’insécurité fondamentale.....
.....
....Bien des personnes considèrent l'amour comme un sentiment ou un état
émotif. Au risque de choquer, je préfère le considérer plutôt comme
une action ou une activité. Cette façon de l'aborder met l'accent sur
la contribution active que nous apportons au développement et au
maintien de la relation amoureuse. Au lieu d'apparaître comme "quelque
chose qui nous arrive" ou une simple réaction intérieure à la
situation, l'amour se présente alors comme une réalité que nous pouvons
provoquer et faire évoluer dans les directions que nous choisissons.....
...En considérant l'amour comme une activité, on en fait une entreprise et on se rend responsable de sa qualité ainsi que de ses retombées. On y gagne un pouvoir considérable qui compense largement pour le poids des responsabilités qui en découlent...
....C'est donc la réciprocité dans l'échange qui caractérise surtout cette
rencontre. C'est cette qualité qui lui permet d'être nourrissante pour
les deux partenaires à la fois et, par conséquent, de pouvoir durer. Si
une personne, consciemment ou non, se met au service de la satisfaction
de l'autre, elle se condamne à l'épuisement psychique ou à trouver
ailleurs les compensations nécessaires à sa survie. Bien des cas de
burnout, de dépression et d'infidélité trouvent leur source dans ce
genre de déséquilibre....
....
....Cette réciprocité nécessaire à la vitalité de la relation s'appuie, au
fond, sur une forme d'égoïsme qui touche le défi existentiel de la
solitude. En effet, ce dernier nous force à constater que chacun est
le seul véritable porteur de ses besoins et le seul responsable d'en
assurer la satisfaction. Cette réalité fondamentale de l'existence est
la meilleure garantie d'équilibre et de réciprocité dans les rapports
humains. Toute relation qui tente de fausser cette règle de base est
vouée à l'échec, comme on le voit facilement chez les personnes qui
souffrent de "dépendance affective".....
.....
.....La personne "dépendante affective" est à la recherche de son droit à
l'existence. (Voir "Dépendance affective et besoins humains"
et "Transfert et droit de
vivre" ) Mais elle effectue
cette
recherche d'une manière déficiente. Comme toute personne à la conquête
de son droit d'être, elle souhaite être aimée, acceptée telle qu'elle
est. Elle désire qu'on prenne soin d'elle et même parfois qu'on la
prenne en charge, preuve ultime de son importance. (Si elle cherche
aussi à être désirée, ce n'est pas par besoin d'être confirmée comme
être sexué, mais encore comme preuve qu'elle est aimable et valable.)....
....Encore une fois, ce ne sont pas ses besoins qui constituent un problème
mais bien le fait de dissimuler les enjeux fondamentaux de la relation.
Son droit d'exister étant précaire, elle se retrouve souvent et
facilement dans une relation transférentielle, occupée essentiellement
à
cette recherche. Comment nourrir ce besoin impérieux d'être aimée et
confirmée tout en le cachant à son interlocuteur? C'est le drame vécu
par la personne dite "dépendante affective". Elle choisit
malheureusement une solution qui devient vite un mode de vie:
l'aliénation de soi.....
....
....Être aliéné c'est n'être plus tout-à-fait soi-même. On devient
graduellement aliéné à force de s'abstenir d'être soi, à force de
renier
sa réalité vécue. On peut en venir à avoir l'impression que le "vrai
soi" n'est pas présent dans sa relation avec les autres....
....
....Il y a différentes manières de se renier. Ignorer ce que je vis (ma
colère, par exemple) en est une. Agir à l'inverse de ce que je ressens
en est une autre (je suis triste mais je souris). Banaliser ce que je
ressens ou perçois en est une autre ("ce n'est pas grave, d'autres
vivent des choses pires que ça"). Renoncer à mon propre jugement, faire
davantage confiance au jugement de l'autre qu'au mien, refuser de
regarder ma réalité en face... Les textes de Jean Garneau "Fidèle à
moi-même" et "À quoi servent les émotions" sont très instructifs sur ce
sujet....
....
....Il peut paraître étrange de parler d'aliénation de soi chez une
personne
qui recherche avidement l'amour, comme c'est le cas du "dépendant
affectif". N'est-il pas paradoxal de dire que cette personne se renie?
L'affirmation prend, au contraire, beaucoup de sens si on considère que
cet individu, dans ses tentatives d'obtenir l'amour, tient très peu
compte de ce qu'il vit, ignore une partie de ce qu'il perçoit, agit à
l'encontre de ce qu'il ressent, sacrifie des choses qui sont
importantes
pour lui,. On peut dire que le "dépendant affectif" s'efforce de "ne
pas
exister" pour donner la place à ceux dont il veut être aimé.
L'aliénation peut même devenir une caractéristique de son mode de vie....
...
En fait, de la naissance à la mort, l'amour est une des dimensions les plus importantes de notre vie. C'est par lui que nous approchons le plus du bonheur auquel nous aspirons tous. C'est aussi par son absence que notre vie devient le plus rapidement vide de sens. Lorsqu'on veut s'en passer, on n'y parvient qu'au prix d'une importante perte de vitalité. L'amour, sous une forme ou une autre, est vraiment au coeur de notre vie et de nos plus grandes satisfactions. ...
...Ces fausses visions de l'amour ont donc une influence réelle sur notre vie, sur le développement de nos relations importantes et sur notre satisfaction en général. En nous amenant à appliquer des normes irréalistes et à évaluer notre réalité avec des instruments faussés, elles contribuent largement à nous compliquer la vie et nous empêchent de développer des relations harmonieuses. Elles sont également à la source de bien des pertes de temps en tentatives vouées à l'échec....
...Le mythe du grand amour
Celui-ci est sûrement un des plus graves et des plus répandus. Rares
sont ceux et celles qui n'ont pas cru à ce mythe pendant au moins
pendant une partie de leur vie. Il peut porter plusieurs titres: l'amour
absolu, l'amour romantique, l'amour passion ou le grand amour. Les
différences sont secondaires: il s'agit toujours de la recherche d'un
amour absolu qui resterait constant malgré le temps et les détails du
quotidien...
...Mais si on y regarde de plus près, on constate que cette quête est vouée à l'échec. "X" ne trouvera jamais sa femme idéale car elle ne peut pas exister. Ce qu'il recherche, c'est une forme d'absolu, un être extraordinaire, une idole! Il ne trouve, bien sûr, que des femmes en chair et en os qui, malgré de belles qualités, ne sont jamais parfaites, jamais à la hauteur du mythe auquel elles sont comparées. C'est pour ça que plusieurs de celles qu'il choisit sont effrayées par l'amour de Maurice; elles sont flattées de la valeur qu'il leur accorde, mais elles savent au fond qu'elles ne pourront jamais être à la hauteur des attentes qu'il investit en elles...
...On dit souvent que l'amour est aveugle. Plusieurs croient aussi que
l'amour véritable devrait être absolu. Mais l'amour s'applique au
contraire à des qualités réelles et à des dimensions particulières de la
personne. Dans le grand amour, on voudrait considérer l'autre personne
comme une idole aux qualités extraordinaires et on fait de son mieux
pour y parvenir. Dans un amour entre égaux, on considère l'être aimé
comme une personne réelle dont on apprécie et valorise certaines
caractéristiques. C'est de l'estime plus que de l'admiration que nous
éprouvons.
Cette estime est une réaction égalitaire. Pour estimer quelqu'un, il
faut être d'un calibre comparable. Les qualités qu'on reconnaît à
l'autre nous sont assez familières pour que nous soyons capables de les
reconnaître et d'en apprécier l'ampleur. L'admiration, au contraire,
impliquerait une inégalité importante entre les deux personnes et se
traduirait par une distance proportionnelle à cette inégalité. La
personne admirative, en effet, se considère inférieure à l'autre et, à
cause de cette infériorité, elle n'ose pas s'en approcher vraiment.
Toute forme de contact réel devient alors difficile....
...Dans ce qu'on appelle le grand amour, les satisfactions sont souvent
illusoires ou même inexistantes. On y aspire, on s'attend à ce que la
satisfaction vienne un jour. En attendant, on se satisfait de la joie
d'être aimé, d'être accepté ou même simplement d'être regardé par
l'autre. C'est le fait d'être choisi par cet être extraordinaire qui
nous comble en anticipation. Mais en réalité, nous vivons de
l'angoisse, de la fébrilité et de l'espoir bien plus que de la
satisfaction.
Il n'est pas étonnant qu'on en vienne rapidement à vouloir que l'autre
change. Lorsque l'illusion angoissée ne suffit plus à nous berner, on
se met tout naturellement à exiger que l'autre adopte un comportement
plus semblable à ce que nous recherchons vraiment; on se met à exiger
des satisfactions réelles à la place des illusions qui reposent sur des
symboles. On veut que l'autre, dans sa grande supériorité, se mette à
répondre à nos attentes et à nos besoins, particulièrement à notre
besoin d'être confirmés dans notre existence.
La promesse d'un bonheur éventuel ne nous suffit plus et il faut choisir
entre deux solutions: un changement radical dans la nature de la
relation ou une rupture complète. Ces changements, bien sûr, ne peuvent
provenir que d'un choix individuel, c'est à dire du changement
volontaire d'un des deux partenaires. Plus particulièrement, ce
changement prend normalement la forme d'une affirmation plus directe de
son besoin d'être aimé. (On peut lire, à ce sujet, "Transfert et droit
de vivre" par Michelle
Larivey.)...
...En fait, nos émotions sont la partie la plus importante
de notre système de guidage: elles fournissent l'information nécessaire
et les indices pour la rendre utilisable. En effet, nos sentiments et
nos émotions nous informent continuellement sur la situation dans
laquelle nous sommes et sur notre état intérieur. Plus précisément,
cette vie émotive nous renseigne sur l'effet des événements et de nos
propres actions sur notre équilibre intérieur.
À chaque moment, mes réactions émotives m'indiquent dans quelle mesure
mes besoins sont satisfaits ou insatisfaits Elles me montrent jusqu'à
quel point la situation ou les événements me conviennent vraiment....
...Pourtant, lorsque nous pensons à nos émotions, il arrive souvent que nous soyons moins clairvoyants. Nous serons portés à considérer notre tristesse non pas comme un signe important à considérer, mais comme une faiblesse relativement inacceptable. De même, nous traitons souvent notre colère comme un manque de maîtrise et non comme une énergie utile pour vaincre un obstacle sérieux....
...Ça semble bénin: je ne fais que repousser un sentiment. Mais en fait, c'est la première marche de la descente aux enfers. Comme nous allons le voir, c'est le premier pas vers une profonde aliénation et une multitude de problèmes en tous genres...
...C'est ce qui arrive souvent dans les relations de couple insatisfaisantes: je suis de plus en plus insatisfait, mais je crois de moins en moins à la possibilité de parvenir à une solution. Alors, plutôt que de continuer à ressentir la colère qui monte en moi et qui pourrait servir à briser le cercle vicieux, je choisis de l'étouffer. Je ne veux plus faire de scènes inutiles, je ne crois plus qu'il est utile de soulever encore une fois le problème pour arriver toujours à la même impasse, je ne veux pas d'une violente querelle devant les enfants, je trouve moins fatigant de bouder ou de boire... Tous les prétextes peuvent servir et chacun comporte une part de vérité, mais le résultat final est toujours le même: je choisis de m'éteindre. C'est la troisième marche de la descente vers la perte de soi...
...
★Une vie n'est pas suffisante pour comprendre...Si vous voulez en savoir plus, vous enliser ou vous éclairer, c'est ICI -"Les mythes amoureux-fidelité"-et Là et c'est passionnant.★
Kyrann : j'ai beaucoup pensé à toi en lisant tout ça...j'ai compris des choses...




